La mélodie de la phrase
(A partir de l'approche théorique de Ph. Martin sur la prosodie du français: ''Prosodic and Rythmic Structures in French", 1987, Linguistics, pp.925-949, et du résumé qu'en fait M. Adriaen dans son Kit de phonétique du 1080,
Les notions de groupe rythmique et de mouvement mélodique sont indissociables en français. On l'a vu, les contours mélodiques montants et descendants portés par les syllabes accentuées en finale de GR permettent à l'auditeur de structurer la phrase en unités pour reconstruire le sens global de l'énoncé.
Ces mouvements mélodiques sont cependant très variables et reflètent nos
émotions et caractéristiques individuelles à l'intérieur d'une situation
de communication. Une même phrase peut donc avoir plusieurs patrons
mélodiques. Toutefois, il y a certaines limites, certaines règles à suivre
pour rester dans ce que tout francophone reconnaîtra comme "la musique"
de la phrase française . La notion de pente mélodique joue
un rôle essentiel dans la description des mouvements mélodiques de la phrase.
En effte, un contour mélodique peut avoir un mouvement montant (
) ou un mouvement descendant (
)
Une phrase ne comportant qu'un seul mot, ou un seul GR, peut être dite sur un ton descendant ou sur un ton montant. Si la voix descend, la phrase sera interprétée comme une phrase déclarative. Si la voix monte, elle sera interprétée comme une phrase interrogative. La montée ou descente intonative n'intervient que sur la syllabe accentuée, marquée en rouge dans cet exposé.
Anne. |
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Ma gentille voisine. |
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Pour une phrase plus longue comportant 2 GR , la frontière entre les 2 GR peut être indiquée par une pause, mais le plus souvent sera marquée par l'intonation. Ainsi la phrase " Ma gentille voisine m'a invitée " peut être découpée en " Ma gentille voisine " et " m'a invitée ". Les syllabes accentuées de ces deux groupes rythmiques sont -sine et -tée respectivement, et la frontière entre ces 2 groupes est marquée par un mouvement mélodique particulier, montant ou descendant selon deux règles prosodiques particulières. En effet, et comme le montre Ph. Martin dans sa théorie sur la prosodie du français, l'intonation française peut se résumer à deux mécanismes simples.